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La cryptographie post-quantique : un domaine d’avenir pour la sécurité des communications

La cryptographie post-quantique : un domaine d’avenir pour la sécurité des communications

Ludovic Perret est maître de conférence au sein de l’équipe Polsys au LIP6. Polsys est une équipe commune avec l’INRIA. Avec son collègue Jean-Charles Faugère, directeur de recherche à INRIA, ils ont reçu le 1er prix Atos Joseph Fourier dans la catégorie calcul quantique (récompensant les travaux avec un impact économique pour la sécurisation des communications) en juillet dernier. Il nous explique ses travaux de recherche sur la cryptographie post-quantique ainsi qu’homomorphique et nous parle de la start-up qu’il vient de créer dans ce domaine.

 

Expliquez-nous, en quelques mots, votre domaine de recherche et son actualité,

Dans l’équipe Polsys nous travaillons sur la cryptographie post-quantique. L’arrivée prochaine de l’ordinateur quantique représente une évolution importante mais aussi un défi pour la sécurité des communications. Nous devons réfléchir à des mécanismes de sécurisation pour le futur : comment protéger nos infrastructures contre l’ordinateur quantique ? Il faut gérer ces nouveaux risques avec des systèmes permettant de protéger l’ensemble des communications numériques. Parmi nos projets, nous avons créé, par exemple, une application Android type « Telegram » pour sécuriser l’envoi de photos pour l’armée de terre. Nous essayons aussi d’évaluer la sécurité des systèmes post-quantique.

Le chiffrement homomorphique est aussi un sujet sur lequel nous travaillons. Ce type de chiffrement permet d’externaliser le stockage de données sans compromettre la sécurité comme, par exemple, avec un dossier médical.

Un exemple de vos grands projets de recherche en partenariat ?

La cryptographie actuelle date des années 80 mais elle est en train de changer. Actuellement, le domaine quantique est en pleine émulation et, potentiellement, des activités du domaine de la recherche vont passer au domaine industriel dans les années à venir. En tant qu’académiques, nous avons participé au projet RISQ avec 15 autres partenaires et un investissement d’avenir de 8 millions d’euros. L’objectif de ce projet est de regrouper les académiques et les industriels intéressés par le sujet (CS, Gemalto, Thales, Orange, Airbus, des start-up, …) en collaboration avec l’Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Informations (ANSSI) afin de mener des réflexions et des projets communs.

Parlez-nous de votre start-up,

Notre start-up (CryptoNext Security) est le résultat d’une maturation avec la SATT Lutech. Dans ce contexte, nous développons un logiciel permettant de sécuriser les communications dans le cadre du post-quantique avec une spécialisation pour la blockchain (protocole large et distribué qui se met à jour en permanence). Nous procédons à des essais pour que les banques puissent utiliser ces technologies-là. Le choix de créer cette start-up est aussi lié au contexte : nous observons depuis plusieurs années des investissements massifs sur l’ordinateur quantique. Les capacités de mémoire des « machines » quantique ont augmenté très rapidement au cours des deux dernières années avec IBM et Google notamment. Nous aurons donc rapidement affaire à de nouveaux standards pour la cyber-sécurité, c’est important de savoir l’anticiper.