Tremplin Carnot Interfaces | L'interaction homme-machine : Comment trouver de nouveaux usages et faciliter l’expérience utilisateur ?
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L’interaction homme-machine : comment trouver de nouveaux usages et faciliter l’expérience utilisateur ?

L’interaction homme-machine : comment trouver de nouveaux usages et faciliter l’expérience utilisateur ?

Gilles Bailly est chercheur à l’ ISIR et ses recherches portent sur l’Interaction Homme-Machine (IHM), l’acquisition de compétences et la prise de décision. Il conçoit notamment de nouvelles techniques d’interaction et construit des modèles prédictifs de performances et de connaissances. Comment trouver de nouveaux usages et faciliter l’expérience utilisateur ? Il nous explique…

Parlez-nous de votre parcours et de ce qui a sollicité votre intérêt pour l’Interaction Homme-Machine (IHM) ?

J’ai un background informatique et j’ai développé, au cours de mes études, un fort intérêt pour l’Interaction Homme-Machine. D’abord pour aider les biologistes à visualiser et manipuler des données complexes, puis pour tous types d’utilisateurs et domaines d’application. Je me suis alors demandé comment l’humain, qu’il soit novice ou expert, interagit avec la machine et comment modéliser son comportement. En France, il y a plusieurs équipes de recherche travaillant en IHM dans des laboratoires d’informatique. Pour ma part, je souhaitais interagir avec des personnes d’autres disciplines comme la robotique, les sciences cognitives et l’intelligence artificielle. L’ISIR en tant que laboratoire de robotique, est multidisciplinaire et permet ces rencontres. Ces échanges donnent un regard neuf et différent à la recherche. C’est le cas, par exemple, de ma collaboration avec l’équipe AGATHE sur les gestes chirurgicaux et thérapeutiques. De même, dans le cadre du projet Mobilimb avec l’équipe PIROS, où nous travaillons à la frontière entre l’IHM et la robotique sociale. Je travaille aussi dans le domaine de l’haptique avec l’équipe Multi-Scale Interaction où l’on souhaite permettre à de futurs opérateurs d’apprendre des gestes complexes en réalité virtuelle et transférer ces nouvelles compétences dans le monde physique.

Vos recherches s’appliquent à de nombreux autres domaines ?

Nous cherchons à créer des usages et cette démarche est applicable à de nombreux domaines comme l’ergonomie, le divertissement ou le secteur professionnel. Il y a des questions sociales qui se posent, comme un projet mené par une doctorante pour les déficients visuels. Les technologies actuelles proposent des réponses haptiques pour « traduire » l’information visuelle. Mais est-ce que l’information visuelle doit toujours être privilégiée ? Nous travaillons sur les odeurs et les sons pour développer une autre culture pour les utilisateurs qu’ils soient voyants ou mal voyants. La recherche sert donc à proposer de nouveaux usages mais aussi à changer les politiques publiques et à se questionner sur notre propre travail de recherche dans la société. A l’avenir, je pense qu’il y aura de plus en plus de connexions entre disciplines comme nous pouvons déjà l’observer entre l’intelligence artificielle et l’IHM où nous sommes confrontés aux questions de transparence et d’éthique des systèmes intelligents.

Et avec les entreprises ?

L’une de mes principales problématiques est la lutte contre une interaction sous-optimale. Par exemple, comment inviter les utilisateurs à se servir des raccourcis claviers plutôt que des menus pour obtenir un vrai gain de performance à moyen terme ? Autrement dit, comment accompagner les utilisateurs novices pour qu’ils deviennent des experts de leurs logiciels ? Nous avons proposé de nombreuses solutions concrètes. Par exemple, dans le cadre du projet « IconHK » nous modifions les icônes des applications pour communiquer les raccourcis claviers. Les utilisateurs non-seulement les découvrent plus facilement, mais ils n’ont plus besoin de les mémoriser. Nos études expérimentales montrent que cela fonctionne très bien car  ces solutions sont utilisées quasi-systématiquement. Cette réponse est directement en lien avec le monde industriel car elle est prête à être installée et peut augmenter la productivité, quel que soit le logiciel ou le système d’exploitation. Nous travaillons également avec des industriels sur ces problématiques de développement de l’expertise à travers des solutions haptiques dans le contexte de la réalité virtuelle.

Il ne faut pas oublier que nous sommes bien dans le domaine de la recherche appliquée mais il y a toujours une grande échelle de temps entre la recherche d’une solution ou d’un « usage » et sa mise en application même si actuellement on constate une forte réduction de cette temporalité.