Tremplin Carnot Interfaces | L’HaptiComm : aider les personnes sourdaveugles à sortir de l’isolement
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L’HaptiComm : aider les personnes sourdaveugles à sortir de l’isolement

L’HaptiComm : aider les personnes sourdaveugles à sortir de l’isolement

Basil Duvernoy est doctorant au sein de l’équipe INTERACTION à l’ISIR et il travaille sur le projet HaptiComm, un moyen simplifié pour pouvoir communiquer avec les personnes sourdaveugles au travers d’un logiciel qui permet de transformer les phrases « parlées » en langage tactile. Ce projet se fait en collaboration avec Sven Topp, chercheur en haptique à l’Université de Sydney et à l’University College London, ainsi que Vincent Hayward, professeur à l’ISIR. Ce communicateur pour les personnes ayant acquis la surdi-cécité est destiné à être mis à disposition de tous grâce à une structure et une programmation très simplifiée et opensource.

Basil et Sven nous expliquent comment l’HaptiComm permet d’améliorer la communication pour les personnes sourdaveugles.

 

Basil et Sven, HaptiComm

 

Pouvez-vous nous expliquer le principe d’HaptiComm ? De quoi s’agit-il ?

Sven :  La plus grande difficulté pour les personnes sourdaveugles c’est l’isolement. Donc, la possibilité d’accéder à la communication au travers d’un support mobile, représente peut-être la solution pour sortir de la solitude. Avec l’HaptCcomm, l’objectif est de créer ce lien avec tous.

Basil : A notre époque, on pourrait s’attendre à avoir des outils adaptés aux besoins des personnes sourdaveugles mais ce n’est pas le cas, il y a les cannes et les tablettes de braille uniquement. Cela concerne pourtant des millions de personnes dans le monde, entre autres, parce que l’allongement de la vie fait que de nombreux seniors perdent la vue et l’audition. C’est une communauté qui est peu représentée car trop isolée.

Comment travaillez-vous ensemble sur ce projet ?

Sven : Chaque jour est différent, nous répartissons les tâches entre software et hardware. Nous mettons en place un gros travail sur les sensations. Basil travaille sur la partie hardware et je travaille sur le software et l’application afin de concevoir l’HaptiComm comme une interface optimale. Le travail sur les perceptions tactiles est important car il s’agit d’un véritable langage avec de nombreuses nuances. Cela fait trois ans et demi que ce projet est lancé et nous souhaitons proposer une plateforme capable de s’adapter aux besoins de chacun. Cela fait partie d’une prise de conscience plus complète concernant cette communauté. Nous avons présenté ce projet dans le cadre de la 11ème conférence Helen Keller en juin 2018.

Basil : Nous fonctionnons ainsi : je fais une proposition pour l’HaptiComm et Sven l’utilise, nous en discutons. Il me dit quoi changer, quoi modifier pour une meilleure prise en main. Sans lui, je ne saurai pas comment améliorer cette interface. Son avis sur le design du produit et ses ressentis sont très précieux pour avancer et proposer un objet fiable et utile.

Et du point de vue technique ?

Basil : L’objectif de Vincent Hayward c’est de créer des appareils qui créent des illusions haptiques. Vincent Hayward crée des appareils avec la volonté de comprendre la perception du monde à travers nos sens et les biais cognitifs en lien. L’HaptiComm est composé de 24 capteurs pour la peau qui vibrent et qui permettent de recréer tout un langage. Le but est de proposer un système simple (programme open source, impression 3D) et accessible qui ne requiert pas de connaissance particulière pour être mis en place.

 

L’HaptiComm

Sven, cette application technologique est-elle, selon vous, une solution pour sortir les personnes sourdaveugles de l’isolement ?

L’HaptiComm devient l’interprète pour leurs communications, par l’intermédiaire de Google traduction par exemple. Il y a différents modes de langage pour les personnes de la communauté sourdaveugle. L’HaptiComm s’inspire du tactile fingerspelling (représentation des lettres en faisant des pressions sur la main de la personne sourdaveugle –  voir photo ci-dessous). Cet appareil se rapproche de la démarche des interprètes et permet de recréer le lien entre les personnes « saines » et les sourdaveugles en « traduisant » le langage parlé.  A terme, le programme et les plans de la machine pourront être accessible en open source. Ce sera une base ouverte personnalisable selon les besoins de chacun !

Tactile fingerspelling