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Ontologies et réseaux sociaux pour un suivi médical précis et personnalisé

Ontologies et réseaux sociaux pour un suivi médical précis et personnalisé

Marie-Christine Jaulent est directrice du Laboratoire d’Informatique Médicale et d’Ingénierie des Connaissances en e-Santé (LIMICS). Elle travaille actuellement sur les problématiques de suivi de prévention, de plan de soin et de pharmacovigilance grâce aux réseaux sociaux. Dans cette unité, on travaille au grand virage numérique du domaine médical.

 

Vous êtes à l’initiative du LIMICS, parlez-nous de votre parcours jusque-là ?

Après un parcours en mathématiques et informatique, j’ai souhaité faire de l’intelligence artificielle en m’intéressant spécifiquement à la question de la vision par ordinateur : une amie a perdu la vue à cette époque et je pensais aux énormes possibilités médicales qui s’offraient dans ce domaine. Même si l’intelligence artificielle n’a, à l’heure actuelle et malgré des progrès considérables, pas encore permis de solutionner les obstacles des personnes malvoyantes, je me suis rendue aux Etats-Unis pour approfondir mon apprentissage sur les questions de neuropsychologie. C’est en étudiant les personnes souffrant de ces troubles (ne pouvant pas reconnaître un objet ou sa fonction en le voyant) que je suis entrée dans le triangle sémiotique. A savoir :

  • L’objet
  • Le langage qui le désigne
  • Son concept

C’est cela l’ontologie ! 

Après plusieurs années en hôpital, j’ai fait le grand saut en 2012-2013, et j’ai regroupé toutes les forces de l’informatiques médicale au sein d’une unité de recherche : le LIMICS. Une structure mono équipe avec 38 permanents.  Les thématiques que nous abordons sont interdisciplinaires.

Parlez-nous de vos projets de recherche

Dans notre unité de recherche, notre cœur de métier consiste à construire des connaissances par l’ontologie permettant de croiser l’ensemble des connaissances traduites.

Nous pouvons citer l’exemple du projet Peps mis en place avec deux industriels de logiciels sur la question du dossier patient. L’enjeu est d’informer et d’accompagner les personnes dans la prévention. Le résultat c’est un site simple, des questions et des réponses didactiques adaptées au profil de chacun. Ou encore le projet C3 Cloud, qui s’oriente plus sur l’aspect plan de soin avec des données de préférence adaptées à la personne.

Nous travaillons également à un projet de pharmacovigilance basé sur les données de réseaux sociaux (forums de sites à l’instar de Doctissimo). Nous avons récupéré 100 millions de messages. L’objectif c’est de fournir une interface et des contenus à l’Agence Nationale du Médicament et de la Sécurité Médicale (ANSM) pour qu’elle puisse faire des études sur des thématiques spécifiques ou même observer des tendances fortes (par exemple l’association d’un nom de médicament avec un type d’effet secondaire) comme ça a pu être le cas avec le Lévothyrox, forte tendance sur les réseaux sociaux en 2017. C’est un travail qui peut être intéressant aussi pour les mutuelles.

Où trouvez-vous les données ? Sont-elles anonymes ?  

Nous avons les guides de bonnes pratiques des soignants, les outils de Traitement Automatique du Langage (TAL), les comptes rendus médicaux… L’accès à ces informations est, bien évidemment, très encadré. Nous avons accès à ces données via un système administratif complexe, ce qui garantit aussi la protection et l’anonymat des informations de santé.

Nous capitalisons toutes ces connaissances afin de créer des mapping, c’est-à-dire pour pouvoir réaligner toutes les données. C’est, par exemple,  le travail qui a été mis en place par Stéfan Darmoni avec l’interface Hetop, un serveur de ressources documentaires en open source. Ce partage des données est essentiel pour pouvoir proposer des ressources ontologiques globales. Sinon, cela n’aurait pas de sens.